LE TOIT DU MONDE

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Après La Main sur la Cœur et Sang Froid, Sinik revient avec un 3ème album. Dans celui-ci, le rappeur des Ulis se pose en observateur sur Le Toit du Monde et décrit ce qu’il voit avec hargne et passion.

 

L’album s’ouvre avec le 1er single extrait de l’album, De Tout là-haut avec Kayna Samet. Titre dans lequel Sinik parle comme-ci il était mort et décrit la réaction des jaloux, de son entourage et de ses fans. Dans la même optique, le 2nd single, Je Réalise, avec la participation originale de James Blunt sur lequel le rappeur expose tout ce dont il se rend compte.

 

Il dédie aussi des morceaux à la rue. Avec L’Essonne’geless, Sinik lance un vrai hymne à son 9-1. « C’est ici que sont les hommes, toutes les villes, tous les blocks, toutes les rues, toutes les zones, tous les quartiers de l’Essonne ». Avec Dans Mon Club, Sinik propose un morceau qui bouge, où il compare son ghetto avec une boite de nuit avec des codes bien particuliers. Il rend hommage à cette France qu’il l’inspire en la personnifiant dans Notre France à Nous.

 

Sinik nous fait aussi profiter de sa nostalgie face aux espoirs et rêves déchus. En featuring avec Cifack, il dévoile ce qu’il aurait pu faire avec 1 milliard d’euros. « On nous laisse croire que tant qu’il y a du biff, il y a de l’espoir », semble-t-il regretter. Il parle aussi de son enfance Rue des Begères, à l’époque où il ne se rendait pas compte des inégalités et de la dureté de la vie. « Rappelle-toi on était jeune, on en a souffert, on en a bavé, on n’avait pas la haine d’avoir grandi au pied des pavés »

 

Le rappeur des Ulis se laisse aussi aller à ses moments mélancoliques. Dans Mes pensées, il nous emmène dans ses songes, dans ses moments où il est seul et réfléchis. Ces épreuves et ces douleurs qui sont Trop pour un seul homme. Mais face à l’oppression, il faut braver les barrières pour aller de l’avant. « Même au plus bas, j’arrive à remonter la pente, on m’a toujours mis à l’épreuve, on m’a jamais mis à l’amende », clame Sinik. Puis, l’homme au cœur de pierre se laisse aller à nous conter sur un air de piano, tout ce pourquoi il est Incompris par les autres.

 

Mais le point fort de l’album reste les moments de vie que Sinik met en scène pour traiter certains thèmes. Tout d’abord, dans Daryl, à la manière d’un Stan d’Eminem, il correspond avec un fan. Mais le thème est différent. Sur une musique aux sonorités africaines, Sinik rend un vibrant hommage à tous ces fans africains de rap français, toujours au rendez-vous lors des tournées estivales.

 

Un album de Sinik, sans une apparition de Diam’s aurait été surprenant. C’est donc sur Né sous « X » que les deux complices se retrouvent. Sous forme de dialogue, le titre traite de la paternité non assumée, de ces cours instants qui changent une vie. « J’ai tellement peur que les regrets me massacrent, que mon fils dise bonjour à un beau-père de passage ». Le personnage de Sinik fait part de ses états d’âme et de la difficulté à prendre des décisions. Son acolyte reste fidèle à elle-même dans son rôle de mère célibataire.

 

Enfin, avec le titre Représailles, Sinik nous raconte l’histoire d’une embrouille à laquelle il participe. Un évènement qui a vite dégénéré. Mais, il n’en dégage pas de la fierté et émet des regrets à la fin du morceau. « J’voulais dire que les erreurs me laissent souvent des regrets sales, que dans la vie on passe trop vite de rigolades à représailles », conclut-il.

 

Dans cet opus, on retrouve tous les atouts de Sinik : un flow offensif, des lyrics crues et imagées et une manière originale de traiter les thèmes. Avec Le Toit du Monde, le rappeur des Ulis prouve qu’il est capable d’avancer sans s’essouffler et même de passer un nouveau cap.