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Interview Kenza Farah

Kenza Farah a sorti son album, Avec le coeur le 17 novembre. Visiblement sereine et apaisée, le trésor du 13 nous confie ses impressions sur ce second album et sur les derniers événements de sa vie....


Skyrock.fm : Bonjour Kenza, bienvenue sur Skyrock.fm. Ton 2ème album, Avec le cœur arrive un peu plus d’un an après Authentik. Comment as-tu abordé l’écriture de ce nouvel album ?

Kenza Farah : Je n’ai jamais vraiment écrit dans l’optique de sortir un album, c’est vrai que j’ai continué d’écrire à la suite du premier album, entre autres, pendant ma tournée. J’écris tout le temps, sans me dire que c’est pour un album ou un projet défini. C’est vraiment pour mon plaisir, par passion. C’est un mode d’expression et à la fin de ma tournée, j’ai feuilleté les pages de mon carnet et je me suis rendue compte que j’avais de quoi faire un album, et au final, ça donne un double. C’est venu tout naturellement. C’était imprévu également.

 

Skyrock.fm : C’est venu par rapport à l’écriture des textes ou tu avais un choix de prods énorme ?

Kenza Farah : On a essayé d’en faire le maximum, je suis allée en studio à chaque fois que je le pouvais, mais c’est vraiment quand on a fait le choix, qu’on écoutait les chansons qui défilaient, qu’on n’arrivait pas à se décider. On en a retiré pas mal et au final, tous les titres qui sont restés, on a trouvé qu’ils avaient leur place, avec chacun un univers bien différent. On s’est dit que ce serait dommage de les retirer. Après, c’est vrai que 21 chansons ça peut faire beaucoup, et le public peut se lasser.  Au dernier moment on a décidé de faire un double album.

 

Skyrock.fm : Ça a été une année chargée pour toi, il y a eu la tournée et le 4 octobre, tu étais à Urban Peace 2.

Kenza Farah : Sur l’année en général, il y a eu plein de bonnes choses, j’ai appris énormément, chaque jour je profite de tout ce que j’ai la chance d’avoir, et pour Urban Peace, pareil, ça a été un très grand événement. J’ai été vraiment contente d’y participer et fière de représenter les couleurs de la musique urbaine. C’est rare qu’on mette le rap et le R&B à l’honneur, surtout au Stade de France. C’est peut-être une fois dans une vie donc j’ai vraiment apprécié. C’était une belle scène, ce sont de bons souvenirs. Il y a eu aussi beaucoup de trac parce que tout le monde voulait bien faire. Je suis allée au devant avec le public et j’ai vraiment apprécié.

 

Skyrock.fm : Pour revenir à l’expérience de cette année, il y a eu la tournée mais aussi l’enregistrement du premier album, il y a un an. Je pense que l’enregistrement de celui-ci était différent. Tu peux comparer les 2 j’imagine ?

Kenza Farah : Au début c’est vrai que j’avais du mal, parce que c’était plus mon entourage et mon équipe qui voyaient mon évolution. C’est vrai que lorsque j’ai regardé mes vidéos d’avant et d’après, je me suis rendue compte que l’expérience y fait beaucoup. Il n’y a pas de secret, c’est le travail avant tout. J’ai eu une tournée, donc j’ai gagné énormément en maturité, j’ai gagné en souffle, en gestion de la voix… J’ai aussi appris à me connaitre parce que je n’ai jamais eu la chance de prendre des cours de chant, parce que j’ai appris la musique à ma manière, dans la rue, à l’école, dans les centres sociaux. Donc je découvre peu à peu. Cet album a été un réel plaisir, je me suis testée sur des choses que je ne savais pas faire, d’autres que je savais. Je suis beaucoup plus en osmose avec moi-même, on se connait de plus en plus avec mon équipe. Je suis moins timide et je peux plus faire parler mon imagination, et créer sur le vif. Je me suis beaucoup impliquée pour cet album.

 

Skyrock.fm : Il y a une ouverture au niveau des prods, mais aussi au niveau des featurings.

Kenza Farah : Oui, c’est vrai que pour cet album j’ai voulu faire autre chose que ce que je savais déjà faire, je me suis lancée des défis, je me suis testée. Pour moi ça a été un challenge, pour voir ce que je pouvais faire de plus. Un 2ème album c’est quand même l’optique d’amener mieux, et d’apporter autre chose. C’est clair que j’ai voulu me surpasser. Pour les featurings par exemple, je n’ai pas voulu rester dans ce que je savais faire, comme des featurings avec les rappeurs. J’ai voulu explorer d’autres choses, d’où les featurings avec Roldan d’Orishas, qui a un univers différent du mien, pareil pour Busy Signal qui est un chanteur jamaïquain, et j’aime beaucoup Bob Marley. Pour moi ça a été un exercice qui m’a vraiment plu. Pareil pour Nina Sky, où je suis allée sur un terrain club, mais qui reste moi. Pour le featuring avec les Psy4 de la Rime, ça n’a pas été trop compliqué parce que ce sont des gens que je connais. On habite pas loin les uns des autres, et on a eu cette envie de collaborer, et ça été l’occasion de le faire sur cet album.  

 

Skyrock.fm : On retrouve pas mal ton esprit combatif dans les chansons. Sur Champ libre, tu dis, "je vois ma vie tel un chant de bataille", c’est repris dans Commandement du ciment. D’où vient cette envie de se battre ?

Kenza Farah : C’est vrai que j’en ai besoin, c’est quelque chose d’intarissable, c’est moi cet esprit combattif, ce besoin d’aller de l’avant, de donner force et courage aux gens qui doutent. Si une de mes chansons peut apporter un peu de lumière aux gens, ça me fait plaisir. Ça se ressent dans mon album. C’est vraiment un besoin de tendre la main et de faire part de ma propre expérience aux autres.

 

Skyrock.fm : Est-ce que tu es quelqu’un qui doute ?

Kenza Farah : Parfois, comme tout le monde. Dans une de mes chansons, J’essaie encore, je dis "Même si je suis tombée, je me relève, j’essaie d’aller de l’avant". J’ai la chance de faire de la musique, ce n’est pas donné à tout le monde, il y a des millions de gens qui rêvent de faire ça. Moi j’ai cette chance, et j’essaie de me relever, de continuer à faire ce que j’aime et de donner tout ce que j’ai dans mon cœur pour les gens.

 

Skyrock.fm : Pour rester sur J’essaie encore, tu es une battante, tu as l’air sereine, et à un moment tu dis "Sourire, j’essaie encore". Ce qui est drôle, c’est que sur tes visuels, tu ne souris jamais. C’est quoi ce paradoxe entre ce que tu es, et ces visuels où tu ne souris jamais ?

Kenza Farah : C’est vrai que je ne souris pas vraiment dans mes visuels parce que j’ai encore du mal devant les objectifs photos. Quand ce sont des photos prises sur le moment, je vais sourire, mais c’est vrai que sourire devant un appareil photo j’ai du mal. Ça s’apprend comme tout, mais d’un côté, je suis quelqu’un de timide et de réservée quand je ne connais pas, surtout dans ma vie. Ça fait partie de moi, laisser planer ce que je pense. J’essaie de rester neutre. Je suis timide et parfois j’ai du mal à exprimer mes sentiments, et c’est pour ça que j’ai besoin de l’écriture.

 

Skyrock.fm : On n’a pas parlé de ton premier single, Au cœur de la rue. Pourquoi l’avoir choisi pour présenter l’album ?

Kenza Farah : Je venais de sortir d’une tournée à travers toute la France, où j’étais allée au cœur de plein de villes, j’ai rencontré beaucoup de personnes d’origines et de milieux différents. C’est ce que j’ai essayé de mettre en image dans le clip, avec un clin d’œil à la rue, à l’art urbain, comme le graf, danse ou chant. Au-delà de ça, ce sont toutes les personnes que l’on peut croiser dans la rue, aussi bien des enfants en train de jouer que des personnes âgées assises à un café. Tous ces gens là font vivre et évoluer la rue, c’est un tableau de cette rue. Je pense qu’il ne faut pas ghettoïser la rue parce qu’il y a des bons côtés. J’ai voulu apporter ce côté jovial et beau de la rue, tout simplement. C’était un clin d’œil et un hommage.

 

Skyrock.fm : Tu parlais de nouveaux défis pour cet album et on retrouve des pointes d’égotrip sur tes titres. Notamment sur Chant libre, où tu dis "En tête des classements et jamais repêchée". C’est par rapport à quoi ?

Kenza Farah : Chant libre c’est un exercice, il y a des phases qui changent toutes les 4 mesures, le flow est assez saccadé, c’est ce qui me plait. Je suis très sensible au rap parce que c’est un univers qui me parle, ça fait partie de mon environnement. C’est un constat de tout ce qui a pu m’arriver et me toucher. Pour Chant libre, il y a 2 sens, le chant de bataille et chanter, c’est pour dire que chacun est libre de chanter comme il l’entend. Quand je dis "je chante comme je respire", il n’y a rien de prétentieux, c’est juste que je le fais avec le cœur, de façon instinctive.

 

Skyrock.fm : On a l’impression que tu te dévoiles davantage sur ce double album. Les thèmes sont autobiographiques ?

Kenza Farah : Pour tous les thèmes en général, il y a une part de vérité, de mon vécu. Mais je m’inspire de ce que j’entends. Je me sers de tout ça, je suis sensible à tout ce qui se passe autour de moi. Il y a donc une part d’autobiographie dans chacun des thèmes.

 

Skyrock.fm : L’album se termine avec Pardonnez-moi, à qui est-il adressé ?

Kenza Farah : Comme je le dis dans la chanson, ça s’adresse à ma famille, mon public, tous ceux qui ont cru en moi. Ça s’adresse à tous ceux qui m’ont soutenue de près ou de loin.

 

Skyrock.fm : Tu dis que tu t’inspires des faits divers, de l’actualité, et il y a un morceau qui traite de jeunes mères, Toute seule. Qu’est-ce qui t’as donné envie d’écrire un morceau dessus ?

Kenza Farah : C’est vrai que dans la vie de tous les jours, je suis plutôt celle qui va recueillir les larmes, plutôt que celle qui pleure sur les épaules des autres. J’ai ce rôle et je le prends à cœur. La situation des mères qui se retrouvent seules, je connais, j’ai des amies qui ont été dans ce cas là, donc j’ai voulu leur donner force et courage. Au lieu de s’apitoyer, je leur dis "relève-toi petite sœur, tu n’es pas seule, tu as ton enfant". C’est un peu un message de soutien pour toutes ces filles, de près ou de loin, parce que c’est quelque chose que j’ai vécu autour de moi avec des amies.

 

Skyrock.fm : On a parlé des changements, des ouvertures de l’album. Mais il y a des choses qui restent les mêmes, comme les valeurs. Tu représentes toujours, il y a toujours cet hommage au public.

Kenza Farah : Bien sûr. C’est important de le rappeler parce que les gens m’ont connue d’une certaine manière, et je suis restée la même. Au niveau de mon entourage et de mon équipe, ce sont toujours les mêmes. J’essaie toujours de garder cette proximité avec le public. C’est important et j’en ai aussi besoin, parce que ça fait un an que mon album est sorti. Depuis que je suis née, je ne vis que pour la musique, je ne peux pas oublier 21 ans de vie en 1 an de pseudo-exposition. Je suis toujours la même, Kenza.

 

Skyrock.fm : Toi qui es sensible à la vérité, il y a quelques semaines, tu as été victime d’un accident. Plusieurs rumeurs ont circulé sur toi. Comment l’as-tu vécu ?

Kenza Farah : C’est vrai que ça a été difficile au début, surtout pour ma famille qui a eu peur. La rumeur s’est vite répandue et on a voulu rassurer les fans en mettant un message sur mon Blog Skyrock, bien sûr, sans leur mentir. Bien sûr, Kenza a fait un accident, mais sans en dévoiler plus sur mon état de santé. C’est vrai que les médias ont grossi ça. Ce que j’en retiens, c’est le côté positif avec tous les gens qui m’ont soutenue, entre autres, le soutien de Skyrock des animateurs et des auditeurs. Ça m’a vraiment touchée. L’autre côté de la chose qui ne m’a pas fait plaisir, mais je suis passée outre, ce sont les rumeurs "Kenza est morte, Kenza est défigurée", puis "Faux accident"… C’est dommage parce que lorsque les gens me voient, ils sont supers contents pour moi et d’autres qui disent "elle a rien !", limite déçus (rires). Ça fait partie de l’être humain, chacun veut son scoop. Moi, je m’occupe de mes gens et de mon public, et je suis là pour eux. Je ne m’apitoie pas sur mon sort. Bien sûr, j’ai eu un accident, ça aurait pu être beaucoup plus grave, et grâce à Dieu, ça va. Je m’en sors bien.

 

Skyrock.fm : On est à 5 jours de la sortie de l’album, que vas-tu faire ? Comment te sens-tu ?

Kenza Farah : Je crois que je n’arriverai pas à m’endormir dimanche soir. Je vais me lever tôt et aller le découvrir dans les bacs. Je n’ai pas voulu l’avoir avant, comme pour le premier album. J’ai envie de le découvrir en même temps que le public. J’ai le trac, un peu comme avant de monter sur scène, on se prépare, on est en coulisse, et après on est face au public. C’est entre leurs mains, un peu comme un concert, c’est du bon trac, c’est l’envie de bien faire.

 

Skyrock.fm : Est-ce qu’il y a des dates de concerts prévues ?

Kenza Farah : Je serai en tournée à partir de début 2009 et un Zénith de Paris est prévu le 27 mars. Toutes les dates de tournées seront sur le Skyrock Blog dès début 2009.

 

Skyrock.fm : Si tu veux rajouter un mot pour tes fans ?

Kenza Farah : Merci à tous, merci pour le soutien, gros bisous, avec le cœur.

 

Skyrock.fm : Merci.

Kenza Farah : Merci.