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Le réseau social : avenir des télécoms

Par Pierre Bellanger, président et fondateur de Skyrock

La première étape d'une révolution technologique consiste à employer le nouveau moyen mis à notre disposition pour accomplir ce que l'on faisait déjà. Paradoxalement, le changement est d'abord le support ultime de la continuité. C'est ensuite qu'apparaissent, souvent à la marge, ou issus du public, des usages nouveaux qui expriment la modernité et les possibilités propres de la nouvelle technologie.

L'Internet a d'abord été considéré par beaucoup comme un nouveau moyen de diffusion, simple extension, diversification exotique ou département futuriste des entreprises de presse, de radio, d'édition, de disques ou de cinéma.

C'est ensuite que sont apparues les vraies forces du réseau. A ce stade, nous pouvons esquisser une première synthèse de ce que nous avons appris :

  • L'Internet créé une nouvelle ressource : l'intelligence collective de ses utilisateurs :

    L'emploi de cette intelligence collective est la clef du succès de masse sur Internet.

    L'intelligence collective, concept forgé par Pierre Lévy, exprime la somme des informations, volontaires ou non, dont les utilisateurs enrichissent le réseau.

    Pas de Google sans exploitation des liens créés par les utilisateurs pointant vers les sites afin d'exprimer une popularité synonyme de pertinence et donc de hiérarchisation de liens ; pas d'eBay sans système de réputation des vendeurs générée par les utilisateurs ; pas d'Amazon rentable sans recommandations d'articles complémentaires fondées sur les achats des autres utilisateurs ...

    Mais aussi pas de Wikipédia, de Digg, de YouTube, de Skyblog, de FaceBook, de Bebo, de MySpace, de Flickr...

    L'intelligence collective est un gisement unique d'informations, de ressources, de valeur, d'idées, de possibilités et de vitesse. C'est à ce siècle, ce que le pétrole a été au siècle précédent. L'intégration de l'intelligence collective du réseau métamorphose les entreprises et la société toute entière ;

  • L'Internet créé une nouvelle forme de distribution : le réseau de pairs :

    Dans un tel système, chaque machine est à la fois client, c'est-à-dire réceptrice et serveur, c'est-à-dire émettrice, elle peut même servir de routeur et donc orienter l'acheminement des messages.

    L'ancêtre Napster, puis ensuite KaZaA et BitTorrent, ont démontré l'extraordinaire pouvoir disruptif de l'usage de masse de ce mode de distribution ;

  • L'Internet créé un nouveau media : la conversation :

    L'Internet n'est pas seulement un nouveau moyen de diffusion comme le sont la télévision et la radio. L'Internet révolutionne l'âge de la diffusion par le réseau social d'échanges électroniques qu'il permet. La force d'Internet c'est la conversation.

    L'expression personnelle, le partage d'expérience, les témoignages, les avis, les commentaires exprimés sur le réseau deviennent indispensables pour la formation de notre opinion et pour nos décisions d'achat. Sur Internet, il n'y a pas de contenu car il n'y a pas de contenant. Ce que nous appelons « contenu » dans le monde analogique devient, sur Internet, une collection de sources remixées et agrégées par les utilisateurs. Le filtrage en amont par les éditeurs est remplacé par le filtrage en aval par les utilisateurs. La prise de parole populaire est quantitativement dominante et souvent jugée plus crédible que l'expression institutionnelle ou commerciale. Le nouveau média ce sont les gens. La nouvelle culture est participative ;

  • L'Internet, multiplicateur d'émancipation individuelle :

    La loi informatique de Metcalfe explique que la valeur d'un ordinateur est proportionnelle au nombre de machines auquel il est connecté. Cette loi est valable aussi pour les personnes : le potentiel, l'émancipation d'un individu sont proportionnels au nombre de personnes auxquelles il est connecté : ce nouveau rapport de force en faveur des individus réseautés change la société toute entière : la famille, l'école, l'entreprise, la politique, la relation aux experts, aux médecins, aux médias, aux produits et aux marques ... Une révolution d'une telle magnitude a eu lieu jadis avec l'imprimerie et l'alphabétisation de masse ;

  • Avec Internet le code devient un média :

    Le code informatique devient service en ligne sur le réseau, comme une page de résultats de moteur de recherche, ou un site de webmail. Ce service en ligne est financé par la publicité sous forme de liens commerciaux appropriés. Le service génère donc une audience et des recettes publicitaires, c'est par définition un média.

    Google est par conséquent la première entreprise de média au monde, pourtant elle ne produit aucun contenu mais que du code ;

  • Avec Internet la publicité se démassifie :

    La publicité passe de la pertinence des cibles traditionnelles catégorisées par l'âge, le sexe, le revenu ou le niveau d'éducation à celles des données individuelles collectées sur chaque utilisateur lors de ses interactions avec le réseau ;

  • Avec Internet la publicité interruptive est remplacée par la publicité intégrée ou périphérique à la source :

    L'interruption publicitaire supportée sur les médias traditionnels est remplacée par la publicité fusionnée avec la source ou bien associée au côté de l'expérience utilisateur sans l'entraver ;

  • Avec Internet ce qui n'est pas local est mondial :

    Le code est mondial. Internet globalise la compétition des logiciels, unifie les usages et les marchés.

Voilà quelques premières idées. Sur cette base, pour réfléchir aux réseaux sociaux, retournons aux origines et partons de deux des applications majeures de l'Internet initial : l'échange entre personnes par le courrier électronique et l'accès aux informations par la Toile.

L'accès aux informations par le réseau de sites a développé sa méta- information, c'est-à-dire de l'information sur l'information, comme l'annuaire Yahoo! ou bien le moteur de recherche Alta Vista. C'est par cette méta-information que l'on accède aux informations, c'est le modèle de trafic des portails et bien entendu celui des moteurs de recherche. Pour le courrier électronique, la méta-information, c'est-à-dire de l'information sur les adresses électroniques et sur le réseau des connectés, a pris son essor avec ce qu'on appelle aujourd'hui les réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux sur Internet sont des services en ligne de productivité relationnelle par la mise en réseau d'identités et d'expressions individuelles. Les utilisateurs emploient ce service pour renforcer leurs liens avec leurs proches et se faire de nouveaux amis.

L'identité numérique de base sur Internet est l'adresse email. Un réseau social relationnel propose la création d'une identité numérique enrichie afin d'accroître la pertinence des mises en relation. Il s'agit, en premier lieu, du blog ou du profil.

La vocation du réseau social relationnel est d'être la plateforme du réseau des relations électroniques de chaque membre. Le réseau social est donc destiné à intégrer tous les outils d'échanges électroniques : messagerie différée, messagerie instantanée, messagerie directe, forums, voix sur réseau IP, etc. ...

L'enrichissement de l'identité numérique est une clef de la qualité du réseau. Chaque nouvel attribut, par le texte, l'image, le son, permet de mieux s'exprimer et de mieux se faire connaître, avec pour vocation de renforcer les relations existantes et d'en créer de nouvelles.

Le centre de gravité du réseau social relationnel est l'individu et toute fonctionnalité nouvelle a pour seul objet d'amplifier sa productivité relationnelle.

Chaque nouvelle possibilité, grâce aux tris de recherche par critère et par l'exposition supplémentaire qu'elle offre, est un moyen de relation affinitaire supplémentaire offert aux identités numériques.

Cette vision du réseau social comme prolongement du mail et de l'identité numérique intégrée au réseau social comme centre de gravité de tous les échanges électroniques d'un individu conduit à l'affirmation suivante : le réseau social est l'avenir des télécoms.

Il avait déjà été dit que les sociétés de télécommunications vivent depuis une décennie une période critique : dans un monde Internet la valeur migre de l'exploitation du réseau - métier traditionnel de l'opérateur de télécoms - vers les logiciels de traitement de l'information échangée. En effet, l'accès au réseau, la bande passante, seulement différenciés par leur prix réduisent leur marge. En revanche, le code des services de télécommunications croit en valeur car il est de moins en moins interchangeable au fur et à mesure de son usage et de la constitution d'une masse critique d'utilisateurs. On change plus facilement de fournisseur d'accès que d'Outlook ou de Gmail.

La valeur des télécommunications se transfère de la bande passante au code et ce code, demain, c'est le réseau social.

Pour concrétiser cette vision, il faut prendre appui sur l'évolution du téléphone mobile.

Le téléphone mobile est en train d'évoluer à grande vitesse en un terminal Internet de poche.

L'usage du téléphone mobile par la nouvelle génération est précurseur de cette évolution : le terminal est l'interface de connexion permanente aux autres, jamais éteint et toujours avec soi. L'identité physique et l'identité numérique sont désormais jointes.

Quelle passerelle logicielle entre le service web relationnel adapté au PC et ce terminal mobile ? Le messager instantané.

En effet, le réseau social est une plateforme d'échange, tout comme le messager. Windows Live Messenger, Yahoo Messenger, ou Google Talk – se destinent à devenir le carrefour de tous les échanges.

Sur le petit écran du terminal mobile, l'expérience web dégradée n'a pas d'attrait, en revanche, un messager, augmenté des fonctionnalités et de la richesse d'informations et d'interactions du réseau social, est l'interface idéale.

Le messager instantané est l'interface d'accès au réseau social pour les terminaux mobiles.

Il est certain, par ailleurs, que le terminal mobile sera demain, en tous les cas pour la nouvelle génération, le terminal majoritaire d'accès à son réseau social et par conséquent, le messager embarqué sur le mobile sera l'interface principale d'accès à son réseau.

Le réseau social, par l'intermédiaire du messager instantané, est le concentrateur de valeur des échanges interpersonnels sur terminaux mobiles. Le réseau social est la future interface majeure de la téléphonie mobile.

Le messager dont nous parlons ici est à plusieurs générations, donc à quelques trimestres, des messagers actuels. Il donne une profondeur relationnelle à tous les contacts, concentre et organise les communications entrantes et sortantes quelque soit leur nature et donne surtout l'entier contrôle de ses échanges à l'utilisateur. C'est le mariage d'un service comme GrandCentral avec le SM, le messager de Skyrock.

Il est clair, d'autre part, que des passerelles seront ouvertes entre les réseaux sociaux pour qu'ils puissent échanger entre eux, à la manière des accords conclus entre messageries instantanées.

Le réseau social, interface de télécommunication, est le lien entre soi et ses proches. Ce premier cercle rassemble l'essentiel de nos échanges et de notre capital émotionnel. Les réseaux sociaux ont montré l'importance des échanges et de la mise à jour constante des activités et des humeurs entre chacun des membres de ce groupe intime.

Qui sait mieux ce que je fais, ce que je regarde, ce que j'écoute, avec qui je converse et où je me trouve que la machine qui porte ces activités ? Il est probable que cet échange permanent créant une micro-conscience collective proviendra d'une relation directe entre machines. On peut supposer que des logiciels tireront parti de ce flux d'informations pour optimiser des activités et des relations. Il s'agit là d'une intégration du réseau social à la machine et à son système d'exploitation. On peut donc imaginer, demain, une initiative d'Apple ou de Microsoft dans ce domaine, par création ou intégration d'un service existant.

Le terminal Internet, ou terminal IP, est, par ailleurs, une révolution en soi. Connecté sans interruption et en transparence au meilleur débit disponible à chaque instant du GSM au WiMAX mobile, il est notre point d'accès personnel à l'Internet, point d'accès par l'interface du réseau social pour les échanges interpersonnels, par un moteur de recherche adapté pour l'accès aux informations.

La modestie de son écran et de son clavier ne le limite pas : il pourra se brancher sur n'importe quelle machine, y apparaître comme une machine virtuelle et utiliser ainsi la machine support comme ressource y compris ses périphériques. Un peu comme un iPod prend le contrôle d'une chaîne hi-fi sur laquelle il est branché. Toutes sortes de logiciels permettent déjà cette manipulation, comme MojoPac par exemple.

C'est donc le petit terminal qui prend le contrôle du grand. Car c'est celui qui nous ressemble le plus qui domine les autres.

Il faut remarquer également que cette osmose PC-terminal mobile s'intègre dans le plan plus vaste des offres « n play » qui groupent la télévision, l'Internet et la téléphonie fixe et mobile en une facture unique.

Rien n'empêche d'intégrer le serveur domestique, le haut-débit, l'écran devant le canapé et la bulle Wi-Fi du foyer dans cette équation.

La puissance informatique de ce terminal IP change également la donne. Cette extrémité mobile et personnelle du réseau pourra avoir la puissance d'un serveur et par conséquent se comporter comme tel.

Aujourd'hui, nous avons une organisation des principaux services en fermes de serveurs auxquels se connectent des PC individuels. Dans cette organisation, les services en ligne sont hébergés sur ces grappes de serveurs qui se répartissent le travail entre eux et auxquels les PC accèdent par le réseau pour en bénéficier.

Imaginons que, demain, il n'y ait plus de PC mais que des serveurs. Imaginons que la masse principale de ces serveurs individuels soient ces terminaux mobiles. On parlera alors de serveurs mobiles.

Ces serveurs mobiles se comportent pour l'utilisateur comme un terminal traditionnel, voire un téléphone, mais peuvent également fonctionner comme des serveurs et donc réaliser des tâches distribuées entre les machines, voir co-héberger des services en ligne.

Dans cette hypothèse, la ferme de serveurs devient la masse des terminaux en possession du public.

Ces logiques de distribution de calcul existent déjà et sont éprouvées : pour Seti@home hier, jusqu'au prometteur logiciel Hadoop aujourd'hui. Ils permettent de répartir des tâches et des données sur des milliers de machines de base, disparates et autonomes dont certaines tombent en panne, s'ajoutent ou sortent à chaque instant du réseau, etc. ...

Par ailleurs, cette organisation peut être doublée d'un déploiement en réseau d'émetteurs-récepteurs, comme par exemple en réseau maillé ou mesh network, qui a montré sa robustesse. C'est la logique de Fon, qui fait de chaque utilisateur Wi-Fi un nœud du réseau d'émission-réception.

Cette anticipation redéfinit le débat qui oppose aujourd'hui le système d'exploitation des PC et sa vocation machino-centrique aux services en ligne. Ce débat disparait puisque le logiciel du terminal fusionne avec le logiciel du parc. Le système d'exploitation de la machine individuelle devient un système d'exploitation de serveur.

De la même manière, le système d'exploitation du PC et du terminal mobile sont appelés à n'être que deux versions du même logiciel, voire à fusionner. Il est probable que le système d'exploitation du mobile sera la version dominante car, encore une fois, c'est celui de l'appareil dont nous serons le plus proche.

Le contrôle du réseau hertzien adéquat est une clef de ce déploiement et l'intérêt des grands acteurs de l'Internet pour le spectre est bien naturel. Demain, certaines entreprises remplaceront éventuellement tout ou partiellement leurs fermes de serveurs par la subvention de serveurs individuels mobiles destinés au public et utilisés par les gens comme terminaux et téléphones mobiles. La contrepartie en sera un accès privilégié aux informations générées par les utilisateurs corrélées notamment à leur position GPS et à leur moyen de paiement intégré au terminal.

Une autre des clefs majeures du succès de cette dissémination des serveurs est le logiciel de coordination de cette collection dynamique de machines. La clef stratégique est une fois de plus le code.

Cette anticipation donne encore plus de poids aux réseaux sociaux car il met en commun non seulement l'intelligence des personnes mais l'intelligence des machines et en fait une unité fonctionnelle.

Tel est l'avenir des télécoms, tel est l'avenir des réseaux sociaux.

Septembre 2007

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The social network: future of telecommunications

The first stage of a technological revolution consists of using the new tool at our disposal to carry out what has been done up to that point. Paradoxically, change is above all what supports continuity. From the margins of society or the public at large, new uses then emerge, expressing the modernity and the possibilities specific to the new technology.

Many initially considered the Internet as a novel means of broadcasting, rather than an end in itself. It was viewed as a simple extension, an exotic diversification, or even a futuristic department of companies in the press, radio, publishing, music, or movie industries.

The Internet's strength, particularly in networking, soon became apparent. At this stage, we may summarise what we have learned thus far:

  • The Internet creates a new resource : its users' collective intelligence:

    Harnessing this collective intelligence is the key to mass success on the Internet.

    A concept coined by Pierre Levy, collective intelligence means all the information, volontary or not, provided by the users which enrich, grow, and expand the network.

    There would be no Google without rankings that reflect, from a user perspective, a given site's popularity and relevance. There would be no eBay without user-generated ratings of the sellers' reputations. There would be no profitable Amazon without product recommendations from other users having a complementary shopping basket. The same goes for Wikipedia, Digg, YouTube, Skyblog, FaceBook, Bebo, MySpace, Flickr...

    Collective intelligence is an unrivalled source of information (if only for its speed), resources, values, ideas, possibilities and speed.

    It is to our century what oil was to the previous one. Integrating the network's collective intelligence has transformed companies and all levels of society;

  • The Internet has created a new form of distribution : peer-to-peer networks:

    In this system, each machine is simultaneously a client (ie, receiver) and a server (or transmitter). It can even serve as a router and arrange the order in which messages are delivered.

    Napster, followed by KaZaA and BitTorrent, demonstrate the extraordinary disruptive power wielded by this form of distribution when used by the masses;

  • The Internet has created a new medium: conversation:

    The Internet is not just another means of broadcasting like television and radio. It is revolutionising the age of broadcasting by permitting social networking via electronic exchange.

    Internet has exploded the vertical top-down model that formerly characterised broadcasting, in favour of a horizontal interactive structure where the power to broadcast belongs to everyone. Broadcasting is no longer monologue but dialogue. Internet's fundamental power is conversation.

    More than ever, our opinions on just about any matter, like our purchases are formed through comments, experiences, ideas, shared on the Internet, where the term "content" seems inadequate as no container can keep it in bounds. In contrast to analogic content, Internet "Content" is more precisely a collection of sources that have been aggregated and remixed by users. The upstream filtering by editors is replaced by downstream filtering carried out by users. Popular opinion prevails, and is often seen as more credible than an institutional body or commercial organisation. People are the new media. The new culture is one of participation.

  • The Internet reinforces individual emancipation:

    Metcalfe's law states that the value of a computer is proportional to the number of machines to which it is connected. This law also applies to people: the potential and the emancipation of an individual are proportional to the number of people to whom that person is connected. This new power relationship in favour of networked individuals is changing every part of society: the family, schools, companies, politics, our relationship with experts, doctors, media, products and brands. A revolution of this magnitude has precedents in the invention of printing and mass literacy.

  • With the Internet the code becomes a medium:

    The software code is becoming an online service, i.e., a page of results generated by a search engine or a webmail site. This service is financed by advertising in the form of commercial links. Generating an audience and advertising revenues, the service is by definition media. Consequently, Google is the first media company in the world, even though it produces no actual content apart from code.

  • With the Internet advertising becomes demassified:

    Advertising is moving away from traditional targeting criteria of age, sex, income or level of education, to individual data collected about users based on their Internet activity;

  • With the Internet interruptive advertising is replaced by advertising that is integrated or peripheral:

    In contrast to the advertising break practised by traditional media, Internet advertisements are merged with the source or exist alongside the users' experience

  • With the Internet anything which is not local is global:

    The code is global. The Internet is globalising software competition, standardising the types of use and the markets.

Those were just a few ideas. Now, to better understand social networks, let's go back in time and examine the two applications that helped Internet take off with the general public : e-mail for personal exchanges and World Wide Web for accessing information.

Accessing information via the network of sites gave birth to meta-information: in other words, information about information, like Yahoo! or even Alta Vista. We access information via meta-information. It's the traffic model used by portals and of course by search engines.

With regard to e-mail, the meta-information (information about e-mail addresses and the network/s of those connected) has developed rapidly with what we now refer to as "social networking" Internet social networks are services offering relational productivity (industrializing the creation or production of social relations) through the networking of ideas and individual expression.

Users rely on this service to strengthen ties with close friends and family, and also to forging new relationships.

E-mail addresses are the basis of one's digital identity on the Internet. Profiles or blogs that one maintains as part of an online social network add a new dimension to this identity. A social network thus offers the creation of an expanded digital identity in order to increase the relevance of new relational connections.

As platforms supporting their members' network of online relationships, social networks integrate all the tools used in electronic dialogue: delayed messaging, instant messaging, direct messaging, forums, VoIP and so on.

Expanding digital identity is essential for improving the overall quality of the networking experience. Each new or additional characteristic of one's being, via text, image or sound, facilitates expression and understanding in order to strengthen existing relationships and/or forge new ones.

At the network's centre is the individual. Improvements in social technology (eg: new functionalities) solely serve to optimize individual relational productivity within an ever-expanding social network.

These improvements, in turn, help to optimize or fine-tune search functions, which therefore offer new opportunities for growing one's social network via additional affinity-based relations.

Viewing the social network as an extension of email, and digital identity within a social network as central to all of one's online interactions, the following conclusion may be drawn:

the social network is the future of telecommunications.

As we know, the past decade has proved to be a watershed period for telecommunications firms.

With the Internet, value is shifting from network exploitation (ie, traditional work of the telecommunications operator) to software that handles exchanged information. Otherwise stated, value is shifting to pure programming code.
Profitability margins for providing network access are diminishing as competitors are reduced to slashing tariffs in pricing wars, with few other options in sight.

By contrast, as codes achieve critical user mass, they prove less interchangeable and thus more valuable. Changing Internet providers is easier than, for example, going from Outlook to Thunderbird or from Gmail to Hotmail.

The value of telecommunications is being transferred from the bandwidth to code. This code will become tomorrow's social network.

To fully realise this vision we must rely on the evolution of the mobile phone.

The mobile phone is rapidly evolving into a pocket-sized Internet terminal.

The new generations' intensive cell phone use sparked this evolution: the terminal ensures permanent connection to other people, always on and always with you. Physical identity and digital identity are now merged.

What is the software bridge between online social networking and this mobile terminal? The instant messenger.

Indeed, the social network is an exchange platform, just like instant messenger. Windows Live Messenger, Yahoo Messenger or Google Talk were destined to become the crossroads for all exchanges.

On the small mobile terminal screen, the web experience has no appeal whatsoever. On the other hand, a messenger, with extended functionalities, unlimited information and social network interactivity, is the ideal interface.

The instant messenger is the interface for accessing the social network via mobile terminals.

It is also clear that the mobile terminal, certainly for the new generation, will in the future be the main access terminal for accessing one's social network. The messenger initiated from the mobile will thus be the primary interface access to their network.

The social network, via the instant messenger intermediary, concentrates the value of interpersonal exchanges via mobile terminals.

It's the main interface of mobile telephony for the future.

The messenger which we are talking about here is several generations away (just a medium-term prospect) from existing messengers. It adds relational depth to all contacts, on top of concentrating and organising incoming/outgoing communications, (whatever be their nature). Above all, it gives users complete control over their exchanges. It is the merger of a service like GrandCentral with SM, Skyrock's own messenger service.

On the other hand, bridges are clearly open between social networks, and permit the latter to exchange information among themselves, like the agreements concluded between competing instant messaging services.

As a telecommunications interface, the social network links individuals with their close ones, comprising the main body of our dialogue and our emotional capital. Social networks demonstrate the importance of dialogue in the group constituting one's closest contacts, such as updates about activities and jokes.

What knows more about what I'm doing, what I'm looking at, what I'm listening to, who I'm talking to and where I am than the machine on which which I carry out these activities? This permanent dialogue, creating a collective micro-conscience will likely develop from the direct link between machines. We can assume that software will exploit this flow of information to optimise the activities and links. This will involve integrating the social network into the machine and its exploitation system. We can imagine Apple or Microsoft launching a future initiative in this area, by creating a service or integrating an existing service.

The Internet terminal or IP terminal is also a revolution in itself, offering a permanent connection at the best bandwidth, available at any given time, from GSM to WiMAX mobile, with no hassle.

It is our personal point of access to the Internet, and thus to social networks for interpersonal exchanges, via a search engine adapted to provide access to information

The phone's diminutive screen and keyboard are no limiting factors. The phone can be connected to just about any hi-tech machine, and then use the annexed machine, and all its peripherals, as a resource and gain in power. It's quite similar to the way that an iPod takes control of the hi-fi system to which it is connected. All types of software already allow this operation, such as MojoPac.

So the little device basically takes over the big one. Indeed, what dominates others is the one that resembles us the most.

At the same time, the melding together of PCs and mobile phones may be understood within the larger range of "n play" products (convergence) combining, into a single billing account, television, Internet, as well as fixed and mobile telephony. Nothing prevents from factoring into this equation the home server, high-speed Internet access, the screen in front of the sofa and the home Wi-Fi connection.

The (trans)portability of one's network, enabled by mobile phone technology, potentially has the same power as a server and behave like one. The IP terminal's power is radically transforming the rules of the game.

Today, we have primary services hosted by leased servers to which user (or client) PCs are connected. In this system, online services are hosted on clusters of servers which share the work among themselves. Those services can be accessed via Internet by the final users.

Now, let's just imagine that a future where there are no longer any PCs but only servers. Imagine that the vast majority of these individual servers are mobile devices -- in other words, mobile servers.

For users, these mobile servers still operate like traditional terminals (even phone calls are possible!), but also function as servers performing distributed tasks, or co-host online services.

In this scenario, server farms become an aggregate of terminals belonging to the public at large.

Such modes of distributing calculations already exist and have proven their effectiveness, from Seti@home yesterday to the software provider Hadoop today. They make it possible to distribute tasks and data across thousands of basic, disparate and autonomous machines, some of which will break down, or be added or removed from the network at any moment.

Furthermore, this distribution mode may be reinforced by an additional network of transmitter-receivers (i.e., the mesh network, which has proven to be very robust). The operating principle is found in Fon, which transforms every Wi-Fi user into a transmit-receive network hub.

Projections of this sort help to redefine the debate opposing the machine-centric vision of PC operating systems and online technologies based on distant exploitation. This debate will disappear as terminal software is merged with distance software. The operating system bound to individual machines will become an operating system as part of a server.

By the same token, the operating system for the PC and for the mobile terminal are destined to become nothing more than two versions of the same software or may even merge. The operating system for mobiles will likely become dominant because, once again, it is the system used by the device that is closest to us.

Adequate control of the Hertzian network is the key to this deployment and the major Internet players are of course interested.

In the future, companies could conceivably replace all or some of their leased servers by subsidising individual mobile servers aimed at the general public and used by people as terminals and phones. In exchange, companies gain privileged access to user-generated information, correlated for example to their GPS position or to their method of payment, whose integration into the terminal is foreseeable.

Another main key to the successful dissemination of servers is the software that coordinates this dynamic aggregation of machines. Again, the key is the code.

These anticipations underscore the importance of social networks, enriching collective intelligence in its synergy of humans and machines into a functional unit.

There you have the future of telecommunications. There you have the future of social networks.

Pierre Bellanger

2007/09/02